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la Presse Magazine

Aventures yukonnaises

Deux filles, un Jeep, une tente et des kilomètres de route à parcourir au milieu d'une beauté en crescendo. Récit d'un road-trip au Yukon, sous le soleil de minuit... Pourquoi le Yukon ?

C'est la question posée lorsqu'un possible voyage au Yukon est évoqué. Elle est légitime. Pour un Québécois, le Yukon est littéralement à l'autre bout du Canada, à l'ultime frontière nord-ouest. Pour s'y rendre, en avion, il faut compter 10 bonnes heures, avec les escales. Pourquoi, donc, le Yukon?

Parce que, ici, absolument tout semble avoir été amplifié, pour devenir plus grand et plus beau qu'à l'accoutumée, à commencer par les journées, qui n'en finissent plus à ce temps-ci de l'année. Autour du solstice d'été, le soleil disparaît quelques heures derrière l'horizon, mais la noirceur n'arrive jamais. Il est donc possible de se lancer dans une randonnée à l'heure du souper sans craindre la tombée de la nuit.

C'est peut-être ce soleil de minuit qui a déréglé toutes les boussoles humaines pour leur donner une énergie qui semble inépuisable.


LeSoleil

L'aventure en 11 étapes

Au commencement, il y a de la route. Beaucoup de route. Celle qui mène de Whitehorse, la capitale territoriale, à Dawson n’est pas la plus grandiose (à l’échelle yukonnaise). La North Klondike Highway se déroule sur 330km comme un long ruban d’asphalte entre les épinettes effilées comme des lances. Parfois, quelques lacs couleur émeraude viennent émailler le trajet. Et le fleuve Yukon n’est jamais loin.

Au moment où la fatigue commençait à se faire sentir, la route nous a joué le grand jeu : elle nous a offert un grizzly de taille considérable qui se nourrissait, juste là, sur le bord de la route. À l’abri dans le Jeep, nous avons pu sans crainte admirer l’animal, aussi fascinant que terrifiant.